Interdiction chauffage bois en 2027 : norme européenne Ecodesign 2022
Le chauffage au bois est-il vraiment menacé d’interdiction ?
Depuis plusieurs mois, une inquiétude revient régulièrement : le chauffage au bois serait voué à disparaître, interdit en France et en Europe dès 2027. Cette perspective suscite des craintes légitimes chez de nombreux ménages, attachés à ce mode de chauffage à la fois économique, performant et basé sur une énergie renouvelable.
Pourtant, il est essentiel de clarifier la situation : le chauffage au bois n’est pas interdit, et aucune interdiction générale n’est prévue à court terme. Ce sont les équipements les plus anciens et les plus polluants qui sont aujourd’hui dans le viseur des pouvoirs publics, en raison de leur impact sur la qualité de l’air.
Pourquoi le chauffage au bois est-il remis en question ?
Bien que renouvelable, la combustion du bois génère des émissions de particules fines et de monoxyde de carbone, particulièrement lorsqu’elle provient d’appareils vétustes ou mal conçus.
À ce jour, le chauffage au bois constitue la première source d’émissions de particules fines en France, représentant près de 46 % des émissions de PM2,5 et PM10, connues pour leurs effets néfastes sur la santé respiratoire et cardiovasculaire.
C’est cette réalité sanitaire, et non le bois en tant que ressource, qui explique le durcissement progressif des règles.
Vers une réglementation européenne plus exigeante
L’Union européenne prépare un renforcement progressif des normes environnementales applicables aux systèmes de chauffage, avec un objectif clair : réduire la pollution de l’air, notamment en période hivernale.
Dans ce cadre, les exigences liées à la réglementation Ecodesign évoluent. Déjà en vigueur pour les équipements récents (Ecodesign 2022), cette certification valorise les appareils à haut rendement énergétique et faibles émissions polluantes.
Une nouvelle étape réglementaire, souvent appelée Ecodesign 2027, est prévue pour le 1er janvier 2027. Elle vise principalement à encadrer la conception et la performance des équipements, et non à interdire leur usage.
Ce que prévoient les futures normes Ecodesign 2027
Les critères envisagés pour les nouveaux appareils seraient plus stricts, notamment :
• un rendement énergétique supérieur à 75 % ;
• une réduction des émissions de particules fines à 30 mg/m³ pour les appareils indépendants ;
• une limitation des émissions de monoxyde de carbone à moins de 1 500 mg/m³.
Ces exigences concerneraient les poêles à bois, poêles à granulés, inserts, foyers fermés et chaudières biomasse, principalement lors de leur fabrication et de leur mise sur le marché.
Qui sera concerné par ces évolutions ?
Les propriétaires occupants comme les bailleurs sont concernés si leur logement est équipé :
• d’une cheminée à foyer ouvert ;
• d’un poêle à bois ou à granulés ancien, peu performant et non labellisé ;
• d’un insert ou foyer fermé ne respectant pas les seuils d’émissions ;
• d’une chaudière à bois ancienne, au rendement faible et fortement polluante.
À terme, ces équipements pourraient être restreints localement ou exclus des aides, sans pour autant être interdits partout de manière uniforme.
Quelles solutions pour continuer à se chauffer au bois ?
Le chauffage au bois a toute sa place dans la transition énergétique, à condition d’opter pour des équipements performants. Parmi les alternatives modernes :
• le poêle à granulés, très efficace et peu émetteur ;
• le poêle ou insert à bûches de nouvelle génération ;
• le thermo-poêle, combinant chauffage et production d’eau chaude sanitaire ;
• la chaudière à bûches haut rendement ;
• la chaudière à pellets.
Ces systèmes permettent de concilier confort, performance énergétique et respect de l’environnement.
Quelles aides pour moderniser son installation ?
Pour accompagner les ménages dans cette transition, plusieurs dispositifs financiers existent :
• MaPrimeRénov’, modulée selon les revenus ;
• les primes CEE versées par les fournisseurs d’énergie ;
• l’éco-prêt à taux zéro, sans condition de ressources ;
• une TVA réduite à 5,5 % sur les travaux ;
• des aides locales, selon les territoires.
Ces soutiens rendent le remplacement d’un ancien appareil plus accessible et encouragent l’adoption de solutions durables.
👉 En résumé
Le chauffage au bois n’est pas condamné, mais appelé à évoluer. Les futures réglementations visent avant tout à éliminer les équipements les plus polluants, tout en favorisant des appareils modernes, performants et respectueux de la qualité de l’air.